Aller au contenu

T’ANG Haywen (1927-1991)

“Notre sensibilité profonde, liée à l’inconscient, ne peut se développer et grandir que nourrie par le tangible, c’est-à-dire, en ce qui concerne la peinture, par le rappel dans notre mémoire consciente d’expériences sensibles profondes et durables vécues par nous dans le monde réel” – T’ang Haywen.
 

Le « métissage » esthétique entre paysagisme chinois et art gestuel français confère à l’artiste une place à part  dans l’histoire de la peinture, laquelle est reconnaissable à première vue par ses formats, puis par son style, lyrique, paysagiste, symboliste. Il n’acceptait pas le terme d’abstraction mais plutôt celui de naturaliste, taoïste et poétique.

T’ang Haywen a beaucoup travaillé dans des formats standards, en particulier en réunissant deux feuilles de 70 X 50 cm, pour obtenir des diptyques de 70 X 100 cm.

Les encres et les toiles de l’artiste sont présentes notamment dans les institutions suivantes : Menil Mollection Houston, Art Institute of Chicago, M+ Hong Kong, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Musée national des arts asiatiques Guimet, Musée Cernuschi à Paris…

Tradition 

Regarder le travail de T’ang Haywen entraine immanquablement à tenter de discerner un parcours individuel sur fond du brassage collectif qui a rapproché art asiatique et art occidental dans le cours du 20ème siècle. Dans cette tentative analytique, les canons taoïstes de la peinture chinoise pèsent de leur poids millénaire, mais il faudra bien de l’expertise à celui dont l’œil et l’esprit n’ont pas été formés à l’esthétique classique de la Chine pour statuer si la peinture de T’ang est plus traditionnelle que novatrice ou plus occidentale que chinoise.

Les canons picturaux de l’époque ont été posés par Xie He ( 6ème siècle) comme suit : vitalité de l’œuvre exprimée par consonance spirituelle ; utilisation du pinceau selon une méthode bien structurée ; fidélité à l’objet dans la représentation des formes; distribution appropriée de la couleur ; composition d’après la hiérarchie des objets ; transmission des modèles du passé dans la réalisation des copies.

L’œuvre échappe en grande partie à ces canons, que ce soit par la transposition des couleurs, ou par un traitement très libre du traitement de la forme et de la troisième dimension.

L’artiste invoque trois maitres occidentaux explicites, mais qui échappent au 20ème siècle : Turner, Cézanne et Gauguin, plus l’exception Matisse.

Innovation

Ce qui apparait clairement, c’est à quel point la création de T’ang, tant ses huiles antérieures à 1970, que ses encres, medium définitivement adopté vers cette date, se coule aisément dans les tendances novatrices de la deuxième école de Paris, pour sa partie lyrique ou informelle s’entend.

Rien ne s’oppose à placer T’ang au milieu d’un « nuage » de formes et de gestes, qui inclurait le paysagisme abstrait d‘un Debré ou d’un Lapicque, d’un Tal-Coat, ou l’art tout gestuel d’un Degottex, aux côtés duquel il fut exposé, d’un Marfaing, voire d’un Soulages.

Et l’on ne se consolera pas de la destruction quasi-totale dans un incendie de son travail réalisé en 1965 à San Francisco qui aurait apporté un éclairage supplémentaire sur son exposition à la modernité occidentale.

Un autre aspect manifeste de la peinture de T’ang est son absence de toute servilité. Quelles que soient ses sources d’influences ou ses références, ses œuvres et son style sont immédiatement dis- tinguables et identifiables . Il s’agit d’une personnalité « remarquable » dans les deux sens du terme, propre et littéral : il est libre.

Expositions en cours

Le 25 avril 2024 la Galerie Hervé Courtaigne inaugurera l’exposition monographique de T’ang Haywen. Communiqué de presse. Au même moment, une exposition au Musée Guimet retrace le parcours de l’artiste avec une centaine d’oeuvres majeurs. 

Médias chinois

T'ang Haywen
© Yonfan Manshih 1991
ŒUVRES
EXPOSITIONS